Se baigner dans un lac de montagne, c'est rarement une question d'envie : c'est une question d'eau. Température, qualité sanitaire, surveillance, zones autorisées. Le lac Chambon, en Auvergne, est l'un des rares plans d'eau d'altitude à répondre à ces questions par un label public et vérifiable, ce qui en fait un bon cas d'école pour comprendre ce que l'on regarde avant de mettre un pied dans l'eau.
Le Pavillon Bleu, et ce qu'il dit vraiment
Depuis 2016, les communes de Murol et de Chambon-sur-Lac arborent le Pavillon Bleu pour leurs plages du lac Chambon, comme l'indique l'office de tourisme du Sancy. Le label n'est pas un satisfecit général sur la beauté du site : il porte sur quatre familles de critères précises, l'éducation à l'environnement, l'environnement général, la gestion de l'eau et la gestion des déchets.
Une partie de ces critères est impérative, l'autre est indicative. Pour l'éducation à l'environnement par exemple, une commune labellisée doit mettre en place cinq actions, dont au moins deux directement sur la plage, et afficher sur place les informations relatives aux espaces naturels voisins et aux espèces protégées. Sur les déchets, le tri d'au moins trois types de matériaux est exigé sur la plage ou à proximité.
Ce que cela change pour un baigneur : sur une plage labellisée, vous trouvez normalement l'affichage de la qualité de l'eau, un code de bonne conduite et des points de tri. Ce que cela ne dit pas : la température, ni la fréquentation, ni la présence d'un maître-nageur à l'heure où vous arrivez.
Un lac né d'une éruption
Le Chambon n'est pas un lac de barrage classique ni un lac glaciaire : c'est un lac de barrage volcanique, formé à la suite de l'éruption du volcan du Tartaret, dont la coulée a barré la vallée. L'office de tourisme du Sancy le décrit comme vaste de 60 hectares, peu profond avec 6 mètres, et parsemé d'îlots, au cœur d'un cirque de montagne entre le massif du Sancy, la vallée de Chaudefour et Murol.
Ces deux chiffres expliquent l'essentiel. Six mètres de profondeur moyenne, c'est très peu pour un lac de montagne : la masse d'eau se réchauffe vite en surface, ce qui rend la baignade plus praticable qu'au lac Pavin voisin, profond de 92 mètres. Mais l'altitude reste l'altitude, et une couche tiède peut cacher une eau nettement plus froide un mètre plus bas. C'est un des points sur lesquels on se trompe le plus souvent, et nous l'avons détaillé dans notre article sur les dix idées reçues sur la baignade en lac de montagne.
Deux plages, une surveillance saisonnière
Le site compte deux plages de sable aménagées, labellisées Pavillon Bleu, dont les eaux sont surveillées en juillet et en août d'après l'office de tourisme. C'est la précision qui manque le plus souvent aux listes de « lacs où se baigner » : hors de ces deux mois, les plages restent accessibles mais la surveillance n'est plus assurée.
Les activités nautiques proposées sur place couvrent le canoë, le kayak, le stand-up paddle, le dériveur et le pédalo. Une webcam publique permet de voir les conditions météo sur le lac avant de partir, ce qui évite de monter pour rien un jour de vent.
Les autres lacs du Sancy, et pourquoi ils ne se valent pas
Le massif en compte plusieurs, et ils n'offrent pas du tout les mêmes usages. Le lac Pavin, lac de cratère quasi circulaire, est profond et froid, avec une réglementation stricte ; le lac de Guéry, le plus haut du Puy-de-Dôme, est connu pour la pêche et pour son gel hivernal ; le lac d'Aydat, lui aussi né d'un barrage de lave, propose des plages aménagées plus classiques.
L'office de tourisme du Sancy tient une page qui recense les lacs d'Auvergne et leurs caractéristiques. C'est le bon point de départ pour choisir, plutôt qu'une liste de « plus beaux lacs » qui mélange des plans d'eau où l'on peut nager et d'autres où c'est interdit.
Marcher plutôt que nager : le GR30
Si l'eau est trop fraîche, le massif offre une alternative sérieuse : le GR30, tour des lacs d'Auvergne, un itinéraire en boucle qui relie les principaux plans d'eau du secteur. L'office de tourisme publie les hébergements et les points de ravitaillement situés à moins de 1,5 km du tracé, ce qui permet de découper l'itinéraire sans improviser : voir la page hébergements à moins d'un kilomètre du GR30.
C'est le même principe que le tour d'un grand lac alpin, à une différence près : ici on passe d'un plan d'eau à l'autre plutôt que de tourner autour d'un seul. Pour comparer avec une boucle classique autour d'un lac unique, voir notre guide du le tour du lac d’Annecy à pied.
Préparer sa journée au bord de l'eau
Trois réflexes valent pour tous les lacs de montagne, et le Chambon ne fait pas exception. Vérifier la zone : la baignade n'est autorisée que dans les secteurs balisés, et surveillée seulement pendant les périodes affichées par la commune. Vérifier la météo du massif plutôt que celle de la ville la plus proche : un orage de fin d'après-midi est fréquent en été sur le Sancy. Et prévoir de quoi se couvrir, parce qu'un vent d'altitude sur une peau mouillée refroidit très vite, même en juillet.
Pour les activités nautiques encadrées, chaque commune riveraine publie ses horaires et ses bases. Si vous cherchez une pratique plus sportive qu'une baignade, notre article sur les les activités nautiques familiales des lacs alpins donne les repères d'âge et d'encadrement qui valent aussi ici.
En bref
- Les plages du lac Chambon, à Murol et Chambon-sur-Lac, sont labellisées Pavillon Bleu depuis 2016.
- Le label porte sur l'éducation à l'environnement, l'environnement, l'eau et les déchets, pas sur la température ni sur la surveillance.
- Le lac s'est formé derrière une coulée de lave : peu profond côté plages, il chauffe vite en surface et reste froid dessous.
- Les lacs du Sancy n'ont pas les mêmes usages : Pavin est réglementé, Guéry est un lac de pêche, Aydat a des plages aménagées.
- Le GR30 relie les lacs d'Auvergne, avec hébergements et ravitaillements recensés à moins de 1,5 km du tracé.
Par
Hadrien