Faire le tour d'un lac, c'est une journée. Faire le tour de huit lacs, c'est une itinérance. Le GR30 relie les principaux plans d'eau du Massif du Sancy et du Cézallier en une boucle complète, et c'est aujourd'hui le seul itinéraire français qui permette de passer d'un lac de cratère à un lac de barrage de lave sans jamais reprendre la voiture.
Les chiffres de l'itinéraire
D'après la fiche officielle de l'office de tourisme du Sancy, le GR30 « Tour des lacs d'Auvergne » représente 198 kilomètres, 5 568 mètres de dénivelé positif, 9 jours de marche, pour un niveau qualifié de moyen. Le départ se prend à La Bourboule ou au Mont-Dore, au pied du puy de Sancy, plus haut sommet du Massif central.
Ces chiffres méritent d'être lus ensemble. 198 km en 9 jours, c'est 22 km par jour en moyenne, avec 620 mètres de montée quotidienne : ce n'est pas un rythme de promenade, mais ce n'est pas non plus un trek alpin. La difficulté du GR30 tient moins à la pente qu'à la répétition, jour après jour, sur des terrains qui changent beaucoup.
Les lacs que l'on croise
L'itinéraire passe à proximité du lac de Guéry, du lac Chambon, du lac Pavin, du lac Chauvet, du lac de Montcineyre et des lacs de la Godivelle, avec le puy de Sancy comme point de repère au centre de la boucle.
Leur intérêt tient justement à leur diversité d'origine. Pavin est un lac de cratère, presque parfaitement circulaire et profond. Chambon s'est formé derrière une coulée de lave qui a barré une vallée, ce qui lui donne des plages et une eau qui se réchauffe : c'est le seul du parcours dont les plages sont labellisées Pavillon Bleu, comme nous l'expliquons dans notre article sur le lac de Chalain pour comparer avec un lac de baignade classique. Guéry est le plus haut du département et gèle l'hiver. Montcineyre est un lac de barrage volcanique adossé à un cône de scories.
Un même itinéraire donne donc à voir, en quelques jours, la plupart des façons dont un lac peut naître. C'est rare, et c'est un argument plus solide que « les plus beaux lacs » pour choisir ce GR plutôt qu'un autre.
Traversées : ce que l'on marche vraiment
Le tracé ne reste pas au bord de l'eau. Il traverse les estives des monts Dore, la Chaîne des Puys et ses volcans à cratère, puis les paysages de steppes des monts du Cézallier. Ces trois milieux n'ont ni la même exposition, ni la même météo, ni le même sol : on passe d'une forêt de hêtres à des pâturages ouverts et à des plateaux balayés par le vent.
Le balisage est celui de tous les GR : blanc et rouge. Sur les portions d'estive, où les chemins de troupeau se multiplient, c'est le seul repère fiable, et il faut prendre l'habitude de le chercher aux intersections plutôt que de suivre la trace la plus marquée.
Quand partir
L'office de tourisme recommande le mois de juin, pour les prairies verdoyantes et fleuries du massif. Ce conseil a une logique : en juin, la neige a quitté les hauteurs, les estives sont au plus vert, les sources ne sont pas encore taries et la fréquentation estivale n'a pas commencé.
Juillet et août restent praticables mais ajoutent deux contraintes : la chaleur sur les plateaux sans ombre, et les orages de fin d'après-midi, fréquents sur le Sancy. Septembre offre une lumière remarquable et des hébergements plus faciles à réserver, avec des journées qui raccourcissent. L'hiver, la boucle n'est pas un projet de randonnée : plusieurs sections sont enneigées et les hébergements d'altitude ferment.
Dormir et se ravitailler sans improviser
C'est le point qui fait la différence entre une itinérance réussie et une semaine de logistique. L'office de tourisme publie trois listes directement utilisables : les hébergements situés à moins d'un kilomètre du tracé, les points de ravitaillement à moins de 1,5 km et les restaurants dans le même rayon.
Le rayon annoncé est ce qui compte : un hébergement « sur le GR30 » situé à trois kilomètres du sentier ajoute une heure de marche aller-retour en fin de journée. Découper les 9 étapes à partir de ces listes, et non à partir d'une carte seule, évite la mauvaise surprise classique du dernier kilomètre en bord de route.
Pour les marcheurs qui préfèrent une boucle d'une journée autour d'un seul plan d'eau plutôt qu'une semaine d'itinérance, notre guide du tour du lac de Chalain donne un format plus accessible.
En bref
- GR30 « Tour des lacs d'Auvergne » : 198 km, 5 568 m de dénivelé positif, 9 jours, niveau moyen.
- Départ de La Bourboule ou du Mont-Dore, balisage blanc et rouge.
- Il passe par Guéry, Chambon, Pavin, Chauvet, Montcineyre et les lacs de la Godivelle : lac de cratère, lac de barrage de lave, lac d'altitude.
- Juin est la période conseillée par l'office de tourisme ; l'hiver, la boucle n'est pas praticable.
- Hébergements, ravitaillements et restaurants sont recensés à moins de 1 à 1,5 km du tracé : c'est la base du découpage en étapes.
Par
Solène